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LES AVATARS DU PROFESSEUR DOUGUINE (14). Le « soft power » à la russe et la dissidence contrôlée par la pieuvre du Kremlin


2 août 2024. Le tribunal de Chișinău a prononcé une peine de six ans de prison.

Pendant ce temps, la procédure pénale engagée contre moi dès mars 2017 par le régime criminel de Chișinău — qui avait usurpé le pouvoir d'État — suivait son cours prédéterminé. Au fil des ans, j'ai perdu le compte des tentatives menées par diverses administrations pour me détruire en instrumentalisant des affaires pénales. Rien de nouveau pour moi. Cette fois, le scénario monté de toutes pièces dans le dossier reposait sur l'accusation de trafic d'influence. Aucun témoin, aucune preuve : simplement la plainte pénale d'un escroc.

Pourtant, cette fois-ci, le régime fantoche de Chișinău — composé entièrement de mercenaires issus du réseau criminel Soros — a surpassé tous ses prédécesseurs. Le 2 août 2024, la juge Ana Cucerescu a dépassé les attentes mêmes des procureurs. Alors que ces derniers avaient requis une peine de quatre ans d'emprisonnement, la juge « généreuse » m'a donné six ans. Mes sources ont vu juste : en échange de ce verdict, la jeune magistrate ambitieuse s'est vu promettre une progression de carrière rapide via une nomination à la Cour suprême de justice — ce qui s'est effectivement produit. Quant à la femme qui occupait le poste de présidente par intérim du tribunal de Chișinău — Livia Mitrofan — et qui avait illégalement confié cette affaire à la magistrate susmentionnée, elle a elle aussi fini par siéger au Conseil supérieur de la magistrature grâce à cet « exploit » et à d'autres services rendus au gouvernement. Le site web coordonné par Pierre-Antoine Plaquevent publie ma déclaration ce même jour, le 2 août 2024 :

https://strategika.fr/2024/08/09/aujourdhui-jai-ete-condamne-a-six-ans-de-prison/.

Dans ces jours-là, après ma condamnation, j'ai eu une correspondance intense et amicale avec Pierre-Antoine et Youssef via Telegram, à qui j'ai remercié pour leur soutien. Pierre-Antoine m'a dit que nous allions avoir une émission de radio dans trois minutes, ce qui n'a jamais eu lieu (j'espère qu'ils n'effaceront pas la correspondance que nous avons eue au fil des années, même si nos chemins se sont coupés).

En fait, ce site a publié au fil du temps plusieurs de mes articles :

https://strategika.fr/?s=iurie+roșca

Nous avons également trouvé l'un des trois articles critiques concernant les BRICS :

https://strategika.fr/?s=iurie+roșca+2025+condamne

Parmi ceux-ci, il y a un texte que j'ai écrit à la demande de mon ami d'alors, Youssef Hindi, sur lequel je reviendrai plus loin.

25 septembre 2025. La cour d'appel de Chisinau maintient la condamnation, mais réduit la peine de six à quatre privations de liberté. La sentence n'est pas définitive, mais elle est exécutoire.

Pour éviter l'emprisonnement, j'avais quitté le pays deux jours plus tôt et je savais ce qui m'attendait en prison.

Alors que dans la presse dominante en République de Moldavie et en Roumanie c'est une jubilation totale, les sources médiatiques gérées par mes anciens amis russes et français sont très calmes.

Mais si je me souviens bien, cette fois-ci mes amis à Paris étaient moins vocaux pour ma défense. Je souligne, j'apprécie la contribution intellectuelle des auteurs français issus de la dissidence, j'ai eu l'honneur de m'occuper de leur promotion en Moldavie et en Roumanie, mais je ne peux accepter leur approche unilatérale et déformée des réalités internationales. Ne pas voir ce qui se passe en Russie aujourd'hui et, pire encore, devenir des promoteurs du discours officiel de la synagogue du Kremlin signifie renoncer à leur propre indépendance intellectuelle en échange de faveurs non déclarées.

Alors que le régime tyrannique en Russie a plongé ce pays dans une catastrophe de plus en plus grave, ma critique du Kremlin est devenue de plus en plus sévère. La guerre désastreuse en Ukraine, l'assassinat et l'emprisonnement d'opposants politiques, la répression de la liberté de la presse et du droit de réunion, la falsification méthodique des élections, l'imposition de l'Agenda 2030 sataniste, tout cela a servi de prétexte pour démasquer la dictature oligarchique et xénocratique en Russie.

Et les propagandistes du camp de l'opposition contrôlé par Pepe Escobar, comme Scott Ritter, le colonel Douglas Macgregor ou Jeffrey Sachs, ainsi que leurs émulsions francophones, proposent un simple exercice intellectuel. Comment explique-t-il que, contrairement aux pays occidentaux, latino-américains ou musulmans qui organisent depuis des années des réunions de protestation massives contre l'état terroriste d'Israël, il n'y a pas de telles manifestations civiques en Russie ? N'est-ce pas parce que Poutine et sa camarilla sont les outils du sionisme international? Pensez-y, si vous avez quoi et que vous êtes autorisé à le faire.

(suivra)

Un journaliste indépendant de la République de Moldavie, un dissident anticommuniste, un ancien député et vice-premier ministre, un rédacteur, un traducteur et un organisateur du groupe de réflexion international antimondialiste Forum Chisinau.